WIN-TIMDOUINE

18/2008 Maroc
10/07/2008-10/08/2008
Rapport de cette expédition Non disponible

Résumé de l'expédition :

Mission biospéléologique Internationale « Win-Timdouine 2008 » dans la plus grande cavité africaine : une foison de données nouvelles pour la science Durant un mois, du 10 juillet au 10 août 2008, une quarantaine de spécialistes français et marocains (majoritairement biologistes et spéléologues), ont investi les galeries d’un Léviathan souterrain : Win-Timdouine ou « la grotte aux lacs », dans le Haut-Atlas occidental marocain. Internationale, cette mission a bénéficié de nombreux soutiens dont celui du Waitt Program de la prestigieuse National Geographic Society, du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, de la société Biotope et de la Fédération Française de Spéléologie.
Logée aux pieds du Plateau de Tasroukht à 70 km au nord-est d’Agadir et à 1250 mètres d’altitude, « Win-Timdouine » serpente en moyenne à plus de cinquante mètres sous terre sur plus de 19 km de galeries dont 7 km d’actif. Explorée sur une centaine de mètres dès 1928 par les villageois de Tizgui n’Chorfa, le réseau a seulement été exploré et cartographié à partir des années cinquante par les spéléologues marocains, la SSM (Société Spéléologique Marocaine) et par des équipes de spéléologues français et espagnols. Mais jamais une expédition pluridisciplinaire associant les compétences de biologistes, d’hydrogéologues et de spéléologues, n’avait encore été réalisée pour évaluer la richesse faunistique d’une aussi vaste cavité africaine et de tester la qualité des topographies actuelles de la cavité. D’après Daniel Chailloux, spécialiste de l’expédition en topographie et radiolocalisation: « la pose de balises à l’intérieur du réseau et leur radiolocalisation depuis le plateau nous a permis de préciser la profondeur exacte de certaines parties du réseau et les nouvelles études topographiques réalisées vont enfin nous donner une cartographie 3D de la grotte ». Un travail qui sera poursuivit par l’équipe de l’Association Sportive de Spéléologie d’Agadir (ASS) et qui selon le Dr Loussaine Bouchaou, hydrogéologue de l’université d’Agadir, permettra d’estimer le volume de vide existant à l’intérieur du massif karstique… « Nous pourrions ainsi connaître la capacité de stockage du karst précise t-il et envisager des scénarios de barrages souterrains lors des périodes de sécheresse afin d’alimenter la population locale en eau potable et pour l’irrigation des terres"". Car la réserve d’eau est importante (débit moyen de 10 à 100 l/s) malgré le faible débit actuel de 2 l/s dû à une année très sèche. De plus, son analyse isotopique indiquera s’il s’agit d’une eau ancienne ou d’un flux continu et si elle peut être au préalable, naturellement stockée ou non par le massif.
L’échantillonnage de la faune qui a été effectué, est fructueux au-delà de toute espérance. Win-Timdouine renferme un patrimoine biologique encore inconnu pour la science avec plusieurs nouvelles espèces de coléoptères et de crustacés amphipodes. Ces données viendront s’ajouter à l’édifice encore fragile des connaissances sur les écosystèmes souterrains, parents pauvres et encore Fauna Incognita de la biodiversité planétaire.

Win-Timdouine abrite par ailleurs un grand nombre de Chiroptères ayant pour la première fois fait l’objet d’un inventaire approfondi. Les chauves-souris ont effectivement un impact non négligeable sur les écosystèmes souterrains, puisque leur guano et cadavres sont une source de matière organique utilisée par l’ensemble des animaux cavernicoles. L’étude de cette faune sur le site et en périphérie (grottes voisines sur une distance d’environ quarante km) montre qu’elle est majoritairement méditerranéenne. Reste que cet inventaire chiroptérologique va ouvrir le champ des connaissances en matière de taxonomie des espèces vivant à proximité de cette vaste zone souterraine, ce qui constitue avec l’ensemble des explorations réalisées, une grande première en biospéléologie.